1 vendredi / 1 nouvelle – Un merci de trop #6
Certains d’entre vous avaient deviné. Oui Juliette est enceinte. Du coup, impossible de l’abandonner maintenant. Il me faut aller au bout de son histoire. Je dois vous avouer que je l’écris au fur et à mesure cette histoire, même si j’ai déjà une idée de la manière dont je veux la terminer. Mais au milieu, il peut se passer tellement de choses. J’espère du coup qu’il n’y aura pas trop d’invraisemblance, c’est le risque quand on écrit sans savoir où l’on va.
Une fois encore je voudrais vous remercier pour votre soutien, vos encouragements, vos compliments. Et surtout pour votre engouement pour cette petite Juliette. Tout cela est si précieux. Je vous aime ma #teamjuliette
Un merci de trop #6
Voilà nous y sommes. Il est 13h et je dois voir la conseillère dans 30 minutes. Je redoute cet entretien. Finalement je n’ai pas eu le courage d’attendre toute seule.
– Je te remercie Nina d’être venue avec moi. Ca compte beaucoup pour moi que tu sois présente. Je sais que tu n’approuves pas ma décision, alors j’imagine combien ca doit te coûter de m’accompagner.
– Tu es mon amie, ma meilleure amie, alors si tu as besoin de moi, je viens. Qu’importe mes sentiments. C’est ton corps, c’est ta décision. Je ne vois pas comment je pourrais t’imposer quelque chose que tu n’as pas envie de faire.
– Je sais tout juste prendre soin de moi. Je n’ai plus de boulot. Je n’ai même pas osé dire à ma propre mère que j’ai démissionné pour poursuivre un rêve. Comment est-ce que je pourrais m’occuper d’un bébé ? J’en suis parfaitement incapable.
– …
– Et puis si encore il y avait un père pour le faire avec moi ? Mais là je suis toute seule.
– Je ne voudrais pas te contredire, mais si tu te rappelles de tes cours de biologie, il y a forcément un père. Ce bébé n’est pas venu là tout seul.
– Tu sais très bien ce que je veux dire. Ce bébé a un géniteur, mais il n’a pas de père. Un père c’est un homme avec qui tu décides de fonder une famille, qui partage avec toi la grossesse, qui t’accompagne lors de l’accouchement. Et moi je n’ai rien de tout ca.
– Tu aurais peut-être pu en parler avec le géniteur dans ce cas ? Qui sait, peut-être qu’il aurait pu devenir le père que tu décris et pas seulement le géniteur.
– Non mais tu me vois l’appeler et lui dire « Hé tu te souviens de la fille du bar, celle qui avait trop bu et avec qui tu as couché ? Et bien elle est enceinte de toi ! Tu es heureux ? Tu veux bien être le père de ce bébé ?»
– C’est sûr que dis comme ça…
– Je le connais à peine ce type. Nous avons à peine échangé quelques mots.
– Mais en même temps, il faut être deux pour faire un bébé. C’est donc aussi un peu sa responsabilité à lui, tout autant que la tienne. Tu ne veux même pas l’appeler pour en parler avec lui ?
– Pour lui demander s’il est d’accord avec cet IVG ? Tu parles d’une conversation.
– Bon, bon je n’insiste pas…
– Si tu crois que je n’ai pas retourné ca toute la nuit dans ma tête. Même si je le voulais, je ne vois pas comment je pourrais assumer un bébé… Je ne sais pas m’occuper d’un bébé. Je n’ai pas la fibre j’en suis sure. Quand je te regarde avec Lily, c’est comme une évidence. Tu es une mère tellement attentive, tellement aimante. Je serais incapable d’être comme toi.
– Ca c’est ce que tu crois…
– Comment ca ? Qu’est-ce que tu veux dire ?
– Tu ne vois que ce que je veux bien que tu vois. Tout n’a pas été rose tu sais à la naissance de Lily. Les pleurs que je n’arrivais pas à calmer, cette impression de ne pas être à la hauteur, de ne pas lui apporter ce dont elle avait besoin. J’en ai passé des heures à sangloter dans mon coin, à me sentir en dessous de tout…
– Mais pourquoi tu ne m’en as jamais parlé ?
– Parce que.. Je ne savais comment en parler. Tout le monde te dit que c’est une période tellement merveilleuse, que tu dois être la plus heureuse des femmes.. Alors comment est-ce que tu peux te plaindre et dire que tu te sens déprimée, que tu n’arrives parfois plus à t’occuper de ton propre bébé. J’avais honte. Tellement, si tu savais. Je culpabilisais de ne pas me réjouir d’avoir un bébé en bonne santé alors que d’autres vivent des drames..
– Tu aurais dû venir me voir. Tu sais que jamais je ne t’aurais jugé.
– Je sais. Je me suis renfermée. Et puis avec le temps, j’ai appris à connaitre mon bébé. Et puis j’ai pu récupérer du sommeil aussi. Et ses premiers sourires, ses premiers gazouillis m’ont apporté une telle joie. Aujourd’hui, tout ça est loin derrière moi. Mais ne dis pas que tout a été facile, parce que ce n’est pas le cas. Et au fond, je suis persuadée que c’est le cas de beaucoup de mamans. On donne le change, mais en réalité, on traverse toutes des moments difficiles.
– Mais je n’ai plus de boulot. Comment je pourrais subvenir à ses besoins ?
– Est-ce moi que tu cherches à convaincre ou toi ? Bien sur ce sera peut-être difficile, c’est évident que les conditions idéales ne sont pas réunies. Mais la vraie question que tu dois te poser c’est « est-ce que tu es sure de ne jamais regretter cette décision ? Est-ce que tu pourras assumer toute ta vie ce choix ». N’y vois pas une tentative de ma part de te faire changer d’avis, hein. Mais je ne veux pas te ramasser à la petite cuillère dans quelques semaines. Il faut que tu sois sure Juliette.
– Je ne sais pas. Je ne sais plus.
– En même temps, si tu m’as demandé de t’accompagner, ce n’est pas anodin. Je me trompe ?
– …
– Tu attends de moi que je t’aide à prendre la décision qu’au fond tu as déjà prise ?
– Tu seras la si j’en ai besoin ? Tu m’aideras ? Promis ?
– Est-ce que je t’ai déjà laissé tomber ? Tu sais que tu peux compter sur moi.
– Alors allons-nous-en. Cet endroit me file la chair de poule. Je suis morte de trouille. Bien sûr je voudrais que tout ça ne soit jamais arrivé. Mais ce bébé il est la. Et c’est mon bébé. Je ne peux pas faire ça. Tu as raison, je m’en voudrais toute ma vie.
– On s’en va alors. On va aller manger une énorme part de tarte tatin pour se remettre de nos émotions. Et puis tu as encore le temps de te préparer. Il ne sera pas là tout de suite ce bébé.
– Je vais donc devenir maman.
– Je pense que oui.
Aujourd’hui est un grand jour. Maman sort du centre de rééducation où elle vient de passer 4 semaines. Je ne pense plus à ce jour où j’ai failli faire la pire bêtise de ma vie. Je sais que je l’aime ce bébé. Aussi incroyable que cela puisse paraitre.
Je suis la devant ma glace et je m’observe de profil. On le voit bien à présent ce petit ventre qui commence à s’arrondir. Je le caresse avec une infinie douceur. Est-ce qu’il m’en veut d’avoir douté ? D’avoir un temps pensé à le faire disparaitre ? J’essaie de me persuader que non.
Je n’ai encore parlé de cette grosse à personne. Seule Nina est donc au courant. Je n’ai pas encore décidé ce que j’allais faire pour le géniteur. Est-ce que je dois le lui dire ? Est-ce que j’ai envie qu’il s’implique ? Est-ce que j’ai le droit de lui imposer cette décision que j’ai prise ? J’ai encore le temps d’y penser.
Pour l’instant papa ne s’est rendu compte de rien. Nous avons diné ensemble 3 soirs par semaine depuis l’accident de maman. Mais il n’a rien remarqué. Il faut dire que jusqu’à présent c’était assez facile à dissimuler. Mais ça commence à devenir plus difficile. Et puis je ne peux pas leur cacher une telle nouvelle aussi longtemps. J’ai envie de partager ce moment de ma vie avec eux.
Hier, j’ai fait ma première échographie. J’ai entendu son cœur battre. Le cœur de mon bébé. Si petit, et pourtant si présent. Oui, il faut que je le leur dise. Comment vont-ils réagir ? Je l’ignore…
J’enfile le pantalon de grossesse que je me suis achetée hier. Il a bien fallu se rendre à l’évidence mes pantalons classiques ne ferment plus. Et j’ai besoin de me sentir à l’aise.
Nous avons prévu de nous retrouver devant le centre de rééducation avec papa, puis d’emmener maman déjeuner pour fêter sa sortie. J’arrive avec 5 minutes d’avance. Il est déjà là avec un énorme bouquet de fleurs. Il a l’air tellement heureux de retrouver sa femme. Ces deux-là semblent s’aimer comme au premier jour. J’ai subitement un pincement au cœur à cette pensée. Il n’en ira pas de même pour moi. Je chasse rapidement cette image de mon esprit. Aujourd’hui est un jour heureux.
– Ta mère est prête depuis au moins 1 heure. Elle nous attend avec impatience. Je crois qu’elle n’en peut plus de cet endroit.
– Je la comprends en même temps. On est tellement mieux chez soi.
Nous montons au 3ème étage la rejoindre dans sa chambre. Elle est assise sur son lit. Ses bagages sont faits. Elles nous accueillent avec un sourire rayonnant.
– Si vous saviez ce que je suis heureuse de sortir d’ici. Rien ne pourrait venir entacher le bonheur de cette journée. Allons-y, je meurs de faim.
Je ne peux m’expliquer pourquoi mais à cet instant, je ne peux retenir les mots que j’avais pourtant prévu de garder pour moi jusqu’au retour à la maison. Ils me brulent les lèvres.
– Papa, Maman. J’ai quelque chose à vous annoncer. Je sais que ça va vous causer un choc, mais c’est une merveilleuse nouvelle. Je suis enceinte.
Je les vois blêmir. Je regrette aussitôt de le leur avoir annoncé comme ça.
– C’est une bonne nouvelle je vous assure. Je suis très heureuse. J’ai peur bien sûr et je me pose mille questions, mais je suis heureuse. Et puis j’ai entendu son cœur battre hier, c’était un moment magique. S’il vous plait, je veux que vous partagiez ce bonheur avec moi.
– Tu es enceinte ? Pour de vrai ?
– Oui, maman, pour de vrai.
– Mais tu ne nous avais pas dit que tu fréquentais quelqu’un ? Cela fait longtemps que tu le connais ? Tu aurais quand même pu nous en parler et nous le présenter. Vous avez prévus de vous marier ?
Je n’avais pas prévu que cet aspect viendrait aussi vite sur le tapis. Et à vrai dire je n’y avais même pas pensé. Qu’est-ce que je vais bien pouvoir leur dire ? Maman, papa, votre petite fille adorée qui a toujours été une petite fille modèle s’est fait mettre enceinte par un gars suite à une soirée de beuverie ? Non, c’est juste impossible. Je ne peux pas leur dire ça. Ils seraient tellement déçus. Alors, je leur dis la première chose qui me vient.
– Je ne vous en ai pas parlé parce que c’est tout récent, mais bien sûr que je fréquente quelqu’un. C’est un garçon de mon immeuble. Très gentil. Luc. Il s’appelle Luc. Voilà c’est comme ça que s’appelle le père de mon bébé. De notre bébé je veux dire.
Oh lala… Dans quelle galère suis-je en train de m’embarquer ?
–
j’adore tout simplement! vite vite la suite!!!!!!!!!
Merciiiiii !!!!
Mouhahahah !!! Un imbroglio !!! j’adore !!!
Merciii !!!
Ah et bien voilà : Juliette est « barge »… ! 😉 houlàlàlà qu’est qu’elle/ qu’est ce que tu nous prépare(s) !
Yeah !!!! La suite risque d’etre passionnante !!!
Waouh j’adore ! hâte de lire la réaction de Luc à tout ça ! et Nina !!!
oui ca risque de faire tout drole a luc !
Et bien elle est pas dans la mouise maintenant!!!! J’adore! 😉
Je suis tres contente de ce petit rebondissement !
Mentir est un vilain défaut Juliette, tu te prépares des moments difficiles !
Moments difficiles mais exaltants ! 🙂
Ou pas… Qui sait ! 😉
Bon ben… comment dire… Juliette a un côté Pinocchio! Et tu lui prépares des moments embarrassants voire très difficiles… hâte de voir comment tu vas l’en sortir! Bravo et sans vouloir ta mort… vite la suite!
La suite vendredi ! RDV desormais incontournable !
Bon, tu l’imagines, il fait écho en moi ce texte… Un peu l’impression de très bien la connaître Juliette, surtout au moment où elle fuit cette salle d’attente… J’ai hâte de lire la suite !
Oui je me doute ! Qd j’ai lu ton billet ca m’a fait sourire car je savais deja ce qu’il allait se passer pour juliette.